Le score de la honte - Ca y est ! Idriss Déby Itno du Tchad vient de remporter l'élection présidentielle de son pays avec un score de 88,66%. Peu importe que le Conseil constitutionnel n'ait pas encore avalisé ces résultats dits provisoires. La messe est dite : Déby rempile encore pour un mandat de cinq ans. Rien de surprenant dans tout ça. C'était génétiquement programmé, tant l'impréparation et le cafouillage, à dessein, de cette élection et son boycott par les grandes figures de l'opposition, ouvraient grande à Déby la voie d'une réélection assurée. Mais le tout prochain nouvel ancien président tchadien et partant, tous ceux qui se font élire avec des scores fleuves, ignorent ou feignent d'ignorer une chose qu'il convient de leur rappeler. Au 21e siècle où l'on a affaire à des peuples de plus en plus éclairés, de plus en plus exigeants et qui aspirent surtout à la liberté et au changement, s'enorgueillir aujourd'hui d'être élu à près de 90% des voix, c'est plutôt se ridiculiser. Plus personne ne peut se fier ni à de tels scores, ni aux présidents qui les fabriquent de toutes pièces, à l'exception de ces derniers et de leurs béni-oui-oui. Loin s'en faut. Bien au contraire, ce genre de score, nul n'est dupe, est l'expression d'une mascarade électorale grandement criarde.