Etats-Unis-Libye - Certains congressistes américains et la presse estiment que le président Barack Obama a outrepassé ses prérogatives constitutionnelles, en ordonnant l'engagement des troupes américaines dans les raids sur la Libye, sans l'aval du Congrès américain. L'article 1, section 8 de la Constitution des Etats-Unis donne au Congrès le pouvoir d'ordonner une action militaire ou de ``déclarer une guerre'. Les législateurs américains, démocrates et républicains confondus, ainsi que certains grands journaux américains s'interrogent également sur les mobiles que cache cette attaque militaire et ont soutenu que ``le Congrès devrait au préalable discuter de la question'.
``Aucune résolution des Nations unies ou décision du Congrès ne permet au président de contourner la Constitution,' a déclaré Justin Amash, un représentant républicain de l'Etat de Michigan.
Dennis Kucinich, un représentant démocrate de l'Etat d'Ohio, a pour sa part déclaré lundi que la décision d'Obama constitue une``faute grave'.
``La question n'est pas de savoir si on aime ou pas le président Obama. La question consiste à établir si l'on accorde plus d'importance à la Constitution', a déclaré Kucinich.
Un autre représentant démocrate, Ed Markey,et par ailleurs ancien président du comité pour l'indépendance énergétique et le réchauffement climatique, a estimé que ``le pétrole est l'une des principales raisons de l'intervention'.
``Une des raisons principales de l'intervention américaine en Libye est sa dépendance du pétrole étranger', a déclaré M. Markey à la chaine de télévision, MSNBC, ajoutant : ``Nous sommes en Libye à cause du pétrole'.
Le Washington Times, le National Review et le Boston Globe, ont consacré leurs éditoriaux sur l'attaque contre la Libye.
``Alors que peu de gens doutent que le président puisse disposer du pouvoir d'ordonner l'envoi de troupes, même pour des raisons liées à l'intérêt national, toute implication durable doit recevoir l'aval du Congrès' rapporte The Globe dans son éditorial de mardi, soulignant que 'ce n'est pas un détail technique, c'est inscrit dans la Constitution des Etats-Unis'.
The Globe rappelle qu'en décembre 2007, Obama avait déclaré que ``le président n'a aucun pouvoir constitutionnel d'autoriser unilatéralement une attaque militaire dans une situation qui ne constitue pas une menace pour le pays'.
``Et même en cas de menace réelle ou imminente, il est toujours préférable de recueillir
l'autorisation du Congrès avant d'engager toute action militaire', avait déclaré le président au journal, lors de sa campagne pour la Maison Blanche.
L'on apprend que le président Obama avait envoyé lundi une correspondance de deux pages au Congrès, indiquant qu'en qualité de chef suprême des armées, il avait les pouvoirs constitutionnels d'autoriser les attaques lancées en coalition avec la France, l'Angleterre et d'autres pays alliés.
``L'envergure et la durée des frappes doivent être limitées', a-t-il écrit avant d'ajouter que, « empêcher une catastrophe humanitaire en Libye est dans l'intérêt de la politique étrangère et dans les objectifs de sécurité nationale pour les Etats-Unis'.
La Maison Blanche a indiqué dans un communiqué que le président Obama avait rencontré vendredi dernier les leaders du Congrès pour discuter de la situation en Libye, tandis que le Sénat américain avait approuvé à l'unanimité une résolution du 1er mars demandant au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne en Libye.
Le Conseil de sécurité des Nations unies avait voté jeudi dernier une résolution permettant une intervention militaire en Libye, pour protéger les populations civiles.
Pana 23/03/2011
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