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Feb 08th
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Tunisie-Ennahda: Il faut respecter le choix des tunisiens

Politique-Tunisie - C'est désormais officiel. L'élection de l'Assemblée constituante du 23 octobre dernier en Tunisie donne une large victoire au parti islamiste Ennahda. Il rafle 89 sièges sur les 217. Ce score montre qu'une bonne partie des Tunisiens n'est pas d'avis avec ceux qui vilipendent et diabolisent Ennahda. Le peuple dont on dit que la voix est aussi celle de Dieu, a fait son choix. Il faut le respecter. En tout cas, nul ne peut avancer que l'élection, à l'issue de laquelle Ennahda a raflé la mise, n'a pas été libre et transparente.
Elle n'a rien de commun à ces parodies d'élections que la Tunisie nous a jusqu'alors servies et dont les résultats étaient connus d'avance. C'est donc en l'absence de fraudes, de trafic d'influence, d'achat de conscience et d'intimidations de tous genres que les Tunisiens ont donné quitus au parti islamiste de décider, de concert avec d'autres partis , de la nature de leur future République.

Désormais, les pourfendeurs et autres détracteurs, pour qui Ennahda rime avec extrémisme et terrorisme, ont de quoi se tenir tranquilles. Quelquefois, les conflits naissent quand un individu ou groupe d'individus prétend faire le bonheur d'un autre à sa place.

L'humanité est en proie souvent à des guerres fratricides parce que des peuples, prétendant avoir le monopole de la vérité, tentent d'imposer par tous les moyens leurs valeurs à d'autres peuples.

Or, tous ceux qui vouent aux gémonies le parti islamiste tunisien opposent dans le fond, consciemment ou inconsciemment, les valeurs judéo-chrétiennes à celles arabo-islamiques.

Ceux qui tentent de gommer les unes au profit des autres font sans doute fausse route. Le monde serait un spectacle terne et monotone si tous voyaient les choses de la même façon.

L'erreur que commettent certains, c'est bien de croire que l'islam est toujours réfractaire à la démocratie et au respect des droit humains. Quelqu'un a dit, avec raison, que si l'islam était incompatible avec la démocratie, il n'y aurait pas eu de "printemps arabe" avec ce qui s'en est suivi. L'on est loin de faire ici l'apologie de l'extrémisme religieux.

Au demeurant, si le coeur des Tunisiens vibre pour Ennahda, c'est parce que ce parti se présente comme une formation politique digne de confiance. Il l'a prouvé en survivant, 30 ans durant, aux affres de la clandestinité.

Une prouesse qui traduirait sa capacité à travailler à la félicité de tous les Tunisiens. En tout état de cause, les pionniers du "printemps arabe" savent bien ce qu'ils veulent.

Ce n'est pas une puissance extérieure ni un parti politique quelconque qui les a invités à alpaguer manu militari la dictature de Ben Ali, vieille de près d'un quart de siècle.

Ainsi, quiconque viendra au pouvoir par l'onction de ce peuple doit s'attendre à le quitter, quand le même peuple estimera que ce dirigeant ne fait plus son affaire. Attendons de voir Ennahda à l'oeuvre, avant de le juger.

Boulkindi Couldiati

Le Pays/16/11/2011