Afrique en ligne

Actualités africaines: Economie Politique Finances Sports

Tuesday
Feb 09th

HRW exige la suspension du Zimbabwe du Processus de Kimberley

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a soutenu jeudi que le Mécanisme de certification du Processus de Kimberley, qui doit se réunir la semaine prochaine à Swakopmund, en Namibie, doit immédiatement suspendre le Zimbabwe pour ses violations constantes des droits de l'homme et sa poursuite pour contrebande dans les gisements de diamant de Marange.

HTW accuse le gouvernement zimbabwéen de ne pas se conformer aux recommandations d'une mission d'évaluation du mécanisme, un régime international qui régit le secteur du diamant.

HRW estime que la suspension du Zimbabwe au cours de cette réunion prévue du 02 au 05 novembre, et une interdiction des diamants de Marange, sont essentielles pour la crédibilité du Processus de Kimberley et de l'industrie du diamant.

Le Processus de Kimberley, mis en place pour metre fin au commerce "des diamants de la guerre", doit tenir ses engagements envers ses clients selon lesquels les pierres qu'ils achètent n'ont pas été exploitées dans des situations de violations graves des droits humains, selon HRW.

L'organisation de défense des droits de l'homme a donc invité le Processus de Kimberley à mettre en place un mécanisme de surveillance locale comprenant des organisations de la société civile et des responsables de la communauté Marange, pouvant librement surveiller et vérifier le respect par le gouvernement du Zimbabwe des recommandations de la mission du Processus de Kimberley.

Des chercheurs de HRW ont mené des enquêtes de suivi du 17 au 23 octobre, qui ont établi que des éléments des Forces de défense zimbabwéenne ont renforcé leur présence autour des gisements de diamant et qu'ils commettaient des exactions contre les membres de la communauté locale et se livraient au trafic des diamants.

"Le Zimbabwe a largement eu le temps de mettre fin à ces abus et à la contrebande à Marange", a déclaré Georgette Gagnon, la directrice de Human Rights Watch pour l'Afrique.

Dans le cadre de leur dernière enquête au Zimbabwe, les chercheurs ont trouvé que l'armée zimbabwéenne utilisait des groupes de mineurs locaux pour extraire les diamants, en les faisant souvent travailler de force, y compris les enfants.

Les enquêtes ont également révélé que le trafic des diamants de Marange s'était intensifié et que des acheteurs et intermédiaires échangaient ouvertement les diamants de Marange dans la petite ville mozambicaine de Manica, à une vingtaine de kilomètres de Mutare.

Les contrebandiers seraient des Libanais, des Belges, des Sud-Africains et des Indiens, qui introduisent illicitement les diamants de Marange sur le marché international.

"Le 06 octobre, pour se conformer à une demande des membres du Processus de Kimberley, le président Robert Mugabe a annoncé que le gouvernement avait choisi deux nouveaux investisseurs privés pour reprendre l'exploitation à Marange. Cependant, le processus de sélection a été gardé secret et l'identité des investisseurs reste inconnue. Les règles du Processus de Kimberley nécessitent que les participants s'assurent que toutes les mines de diamants aient une licence et que seules les mines possédant cette licence extraient des diamants", selon HRW.

"Les recommandations pour que le Zimbabwe se retire volontairement du Processus de Kimberley ou pour que ce dernier apporte une assistance technique sans une suspension totale resteront sans effet", a estimé Mme Gagnon.

"Le Zimbabwe est déjà revenu sur son engagement de retirer l'armée de Marange. Il ne sera donc contraint d'apporter des changements que s'il est suspendu", a-t-elle soutenu.

Lusaka - 29/10/2009

Pana