Les pilotes d'Air Algérie reprennent le travail - Le personnel navigant technique d'Air Algérie a repris, hier en fin d'après-midi, le travail après un arrêt de 8 heures motivé par des revendications socioprofessionnelles. Selon le syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA), la décision de reprise a été motivée par la disposition de la direction de prendre en charge leurs revendications.
«Nous avons décidé de reprendre le service parce que la direction d'Air Algérie était à notre écoute. Elle nous a donné l'espoir de voir régler au fur et mesure tous les problèmes que nous avons soulevés», a déclaré le vice-président du SPLA, Fegouane Karim, qui a précisé, par ailleurs, que le bureau syndical a été reçu par le P-DG d'Air Algérie, Mohamed Saleh Boultif.
Les représentants du collectif des pilotes lui ont remis une plateforme de revendications. «Un consensus a été dégagé pour la reprise du travail» lors de cette réunion, a précisé M. Fegouane ajoutant «nous nous sommes mis d'accord sur un planning.
Chaque problème soulevé sera examiné à part. Plusieurs réunions de travail regroupant les représentants de la direction d'Air Algérie et du syndicat auront lieu tout au long du mois de janvier». M. Fegouane a dit s'attendre à «l'amélioration des conditions de travail des pilotes algériens dès la fin du mois en cours».
La première réunion entre les deux parties aura lieu demain et portera sur le «rétablissement du statut du pilote de ligne», une des principales revendications du syndicat, a-t-il ajouté.
S'agissant des autres exigences, le SPLA demande «l'application stricte des règlements intérieurs de l'entreprise, la reprise et l'achèvement des travaux des commissions bilatérales (syndicat-direction), notamment sur les salaires, et l'élaboration d'une convention collective de branche du pilote».
Le syndicat demande, en outre, qu'il soit mis fin au «favoritisme» dans l'application de la mesure portant continuité de service au sein de la compagnie nationale pour les travailleurs ayant plus de 60 ans d'âge.
Rappelons que les avions de la compagnie nationale Air Algérie étaient immobilisés une bonne partie de la journée d'hier sur le tarmac de l'aéroport international Houari Boumediène d'Alger. En raison de ce bref mouvement de débrayage, plusieurs vols vers ou à partir d'Alger ont été annulés ou reportés, au grand désarroi des voyageurs.
Les pilotes de ligne, à l'origine de cette grève qui a paralysé une bonne partie de la flotte aérienne nationale, expriment un sentiment d'«injustice» sur fond d'interférences multiples dans leur travail.
Ils dénoncent le fait que leur «autorité» soit remise en cause par certains comportements émanant, notamment des agents du PNC (Personnel navigant commercial).
Le secrétaire général du PNC, Yacine Hamamouche, que nous avons à maintes fois tenté de contacter pour répondre à ces accusations, était injoignable en fin d'après-midi. Les passagers rencontrés présentaient des signes d'exaspération du fait qu'aucune information ne leur a été fournie par l'administration d'Air Algérie.
Ce que dénonce un passager de la compagnie nationale qui devait prendre le vol vers Casablanca prévu à 13h35. Les yeux fixés sur le tableau des départs, le jeune homme guette la moindre information, en vain. «J'en viens même à regretter d'avoir pensé à prendre quelques jours de congé», confie-t-il.
Cette grève des pilotes intervient quelques mois seulement après celle des agents du PNC, dont une partie a observé, au mois de juillet dernier, une grève de quatre jours (11-14 juillet), qui avait pratiquement cloué au sol les avions de la compagnie.
Le PNC revendiquait notamment une hausse de 106% des salaires et un alignement de son statut sur celui du personnel navigant technique (pilotes). Ce n'est qu'au bout d'un travail en coulisses très poussé de la part du ministère des Transports, du Premier ministre et du SG de l'Ugta, que les deux parties (Air Algérie-Personnel navigant commercial) ont conclu un accord pour mettre un terme à la grève.
En ce qui concerne la mise en oeuvre de l'accord, ce dernier prévoyait, dans un premier temps, la reprise du travail du PNC, la levée par la suite des sanctions de licenciement prononcées par la direction de l'entreprise à l'encontre de certains agents de ce collectif et enfin, la poursuite des négociations salariales entre les deux parties à compter de la semaine qui allait suivre.
Les agents du PNC réclament d'être alignés sur le même statut que celui des pilotes, puisqu'ils sont soumis à la même mobilité et aux mêmes risques en matière de sécurité.
Younès Djama
La Tribune/04/01/2012
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