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Feb 10th
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Côte d'Ivoire-Crise Politique: Le droit chemin

Crise Politique-Côte d'Ivoire - La Côte d'Ivoire vient de clore une période de crise, provoquée par l'entêtement de Laurent Gbgbo à se plier aux résultats de la dernière élection présidentielle d'octobre 2010. C'est finalement par la force que celui qui se faisait passer jusqu'au lundi 11 avril pour l'homme fort de la guerre de la Côte d'Ivoire a été détrôné du poste qu'il refusait, malgré diverses pressions et médiations internationales, à céder à son rival. Pourtant, reconnu vainqueur de la présidentielle de 2010.

Décidément, le pouvoir sait avilir. Surtout en Afrique. On vient d'en avoir la preuve avec le feuilleton ivoirien.

Présenté comme fin démocrate lorsqu'il s'était opposé durant des années au président Houphouët Boigny, Laurent Gbagbo a curieusement - en accédant au pouvoir, oublié tout ce qu'il défendait pendant ces périodes de lutte.

Démocrate au début, l'homme est passé en dix ans d'exercice de l'autre côté de la barrière, se pointant en véritable tortionnaire de son peuple.

C'est avec lui que la Côte d'Ivoire a basculé dans l'horreur. C'est aussi à cause de lui que le pays le plus prospère et le plus stable de la Communauté économique et de développement de l'Afrique de l'Ouest a sombré dans le chaos.

Que de gâchis pour un pays pourtant promis à un bel avenir lorsque son père fondateur, Houphouët, quittait cette terre des hommes !

Depuis le déclenchement de la crise ivoirienne, tout le monde a fait le déplacement d'Abidjan pour convaincre Laurent Gbagbo de sauver la démocratie ivoirienne. Mais, l'homme est resté cabré sur sa position, défiant toute la communauté internationale.

C'est finalement de la plus mauvaise manière et humilié devant la face du monde que Laurent Gbagbo a cédé le fauteuil présidentiel qu'il a tant convoité.

Fervent défenseur de la démocratie lorsqu'il était de l'autre côté du pouvoir, Laurent Gbagbo a oublié durant son règne que la démocratie a ses exigences. Et qu'en démocratie, l'alternance fait partie des règles du jeu.

Se servant de ses amis du sérail, il a préféré contourner toutes les règles pour se maintenir au pouvoir, alors qu'en octobre 2010 les urnes en avaient décidé autrement. Dans tous les cas, pas en sa faveur.

« J'y suis et j'y reste ». C'est ce qu'a voulu imposer Gbagbo au peuple ivoirien. Historien, il n'a pas compris que la roue de l'histoire avait changé de sens de gravitation.

Il a cru, pendant longtemps, que son acharnement à demeurer en fonction serait toujours de son côté. Sans doute s'était-il inspiré des exemples kenyan et zimbabwéen où les contestations post-électorales avaient finalement été dissipées par le partage au pouvoir. Gbagbo a été donc jusqu'auboutiste, convaincu qu'en Côte d'Ivoire, la même thérapie serait appliquée. Il s'est trompé d'époque.

La crise ivoirienne doit servir en même temps de leçon et d'avertissement à d'autres « Gbagbo » qui se cachent encore dans leur terrier. L'intervention de la communauté internationale dans la crise ivoirienne a permis de sauver la démocratie africaine - une réplique à ceux qui croient qu'en Afrique, la démocratie n'est qu'illusion.

Gare à ceux qui se hasarderont à suivre le chemin sur lequel s'était risqué Gbagbo. Ils trouveront dans leur aventure la communauté internationale pour les ramener sur le droit chemin de la démocratie.

Le Potentiel/13/04/2011