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Dim, Sep

Gestion des forêts et ralentissement de la déforestation

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Cette semaine, le Congrès forestier mondial, à Durban, en Afrique du Sud, a été pour la FOA l’occasion de dévoilé son dernier rapport sur l’état de la déforestation mondiale. Ce rapport indique qu’en raison de l’accroissement démographique, les forêts ont été utilisées, entre autre, pour l’agriculture mais que depuis 25 ans, le taux de déforestation du monde a ralenti de plus de 50 %.

Ce qui n’a pas empêché la perte d’environ 129 millions d’hectares forestiers, soit environ la superficie de l’Afrique du Sud, depuis 1990 selon l’étude de la FAO « Évaluation des ressources forestières mondiales 2015 ». Par ailleurs, ce rapport souligne que certains pays ont mis en place une meilleure gestion des forêts pendant que de plus en plus de zones forestières étaient placées sous protection. une implication plus importante des communautés locales dans les démarches de développement et dans la planification, ainsi que le développement de lois et de mesures de suivi et d’évaluation ont permis ces évolutions.

Le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva a expliqué, lors de la présentation du rapport que « les forêts jouent un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté rurale, en assurant la sécurité alimentaire et en fournissant aux gens des moyens de subsistance. Elles offrent aussi des services environnementaux vitaux comme l'air pur et l'eau, tout en participant à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique ».

Il a aussi précisé de meilleures informations participent à la réalisation de politiques forestières positives. Dans cet axe, il a souligné l’augmentation notable durant les 10 précédentes années des inventaires forestiers nationaux qui concernent aujourd’hui 81 % de la superficie mondiale de forêts. Mais il ne baisse pas la garde et alerte sur le fait que « la tendance est positive, mais (que) nous devons faire mieux ». En effet, « nous ne parviendrons pas à réduire l'impact du changement climatique et à promouvoir le développement durable, si nous ne préservons pas nos forêts et n'utilisons pas durablement les nombreuses ressources qu'elles nous offrent ».

Localisation des principales pertes

En dépit d’une légère diminution par rapport aux cinq années précédentes, le rapport souligne que l’Afrique et l’Amérique du Sud ont accusé une perte annuelle record entre 2010 et 2015, soit 2,8 millions d’hectares en Afrique et 2 millions en Amérique du Sud.

Dans le monde, la croissance de la population fait que la superficie de forêt par habitant a baissé dans l’ensemble des zones climatiques et surtout dans les régions tropicales et subtropicales mais pas dans les régions tempérées.

Les forêts remplissent diverses fonctions : la reconstitution des nappes phréatiques, la protection des sols contre l’érosion, les glissements de terrains… Et elles évoluent dans un contexte où la consommation du bois, à l’échelle mondiale, se développe.

Il faut distinguer les forêts naturelles (qui participent à la préservation des génotypes et procurent des habitats aux espèces menacées) qui diminuent à l’échelle mondiale alors que la surface des forêts plantées (qui sont utilisées pour la production de bois et procurent d’autres biens et services forestiers) se développe. L’enjeu, tel qu’indiqué par la FAO est bien la mise en place de pratiques de gestion durable des forêts.

Kenneth Mac Dicken, chef de l’équipe de l’évaluation des ressources forestières mondiales a indiqué que « la gestion des forêts s'est considérablement améliorée au cours des 25 dernières années. Cela comprend la planification, le partage des connaissances, les législations et les politiques, autant de mesures importantes que les pays ont mises ou mettent en œuvre ». Ainsi, depuis 1990, la forêt dans les zones protégées a augmenté de plus de 200 millions d’hectares.

Les forêts : au coeur des enjeux de la biodiversité et du changement climatique

Les forêts jouent des rôles de protectrices de la diversité biologique et d’habitats de plus de la moitié des espèces d’animaux, plantes et insectes sur Terre. Autrement dit, la biodiversité, en dépit des efforts de conservation, est toujours menacée par la déforestation, la dégradation forestière, la pollution et le changement climatique.

13% des forêts mondiales (524 millions d’hectares dont les plus grandes zones sont au Brésil et aux Etats-Unis) sont consacrés à la conservation de la biodiversité. Depuis 5 ans, l’Afrique est le continent qui développe le plus ces zones de forêts destinées à la conservation. A l’opposé, l’Europe du Nord, l’Amérique centrale et du Nord affichent des taux inférieurs aux périodes d’avant. Quant à l’Asie, sans atteindre l’augmentation de 2000-2010, la période des cinq dernières années est restée plus haute que celle du début des années 90.

Les forêts en absorbant le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, participe à la lutte contre le changement climatique. Comme souligné par la FAO, une gestion durable des forêts induira une diminution des émissions de carbone des forêts. Ces émissions ont diminué de plus de 25 % entre 2001 et 2015, essentiellement grâce au ralentissement des taux de déforestation mondiaux.

Les chiffres à retenir

Aujourd’hui, les forêts couvrent seulement 3 milliards 999 millions d’hectares (soit 30,6 % des terres) alors qu’en 1990, elles en couvraient 4 milliards 128 millions (soit 31,6%).
Entre les années 1990 et 2010-2015, le taux annuel de perte de forêts est passé de 0,18 % à 0,08 %.

De nos jours, les forêts naturelles (à savoir les forêts primaires où l’impact de l’homme est faible et les forêts secondaires dont la régénérescence est naturelle) forment la majorité de la superficie des forêts mondiales. La forêt plantée, elle, a gagné plus de 110 millions d’hectares depuis 1990 et représente aujourd’hui 7% de cette superficie.

La forêt représente des emplois pour plus de 50 millions de gens à travers le monde et participe au PIB mondial à hauteur de 600 milliards de dollars tous les ans.

AfriqueJet