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May 16th
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Actualité-Sénégal: Dakar couve sous le feu de la contestation

Manifestations au Sénégal - Intifada entre policiers et manifestants, pneus calcinés, routes barrées ont témoigné de la colère des jeunes des quartiers de Dakar qui ont réveillé hier après-midi les démons des évènements du jeudi 23 juin dernier. Pas essentiellement qu'ils en veulent toujours à Me Wade avec son ticket présidentiel, mais réclament le retour à la normale de l'électricité dans leurs quartiers respectifs. Les coupures intempestives d'électricité notées ces dernières 72 heures dans plusieurs quartiers de Dakar sont, comme qui dirait, venues mettre le feu à la poudrière. Et ce, après les manifestations douloureuses de jeudi dernier contre le ticket présidentiel de Me Wade et son régime libéral. Excédés par l'obscurité dans laquelle la Senelec les plonge, les jeunes des Parcelles assainies, Grand-Yoff, Grand-Dakar, Amitié, Dieuppeul, Castor, Sicap, Sacré-Coeur et Mermoz qui en ont encore après le régime au pouvoir, ont tenu à exprimer hier après-midi leur ras-le-bol dans la rue.

Un objectif qu'ils ont atteint non sans peine, puisqu'ils feront face à un nombre impressionnant de policiers anti-émeute déployé pour la circonstance. La confrontation était inévitable. A 15 heures déjà, les nerfs étaient surchauffés. Les jeunes qui, semble-t-il, ont surpris les forces de l'ordre, ont réussi partout à barrer plusieurs axes stratégiques de la circulation des heures durant. Causant, du coup, des embouteillages monstres. Si aux Parcelles assainies, les jeunes qui ont voulu incendier les bureaux des impôts et domaines se sont violemment heurtés aux flics, quelques heures après, à Mermoz, leurs camarades qui baignent également dans les ténèbres depuis dimanche, ont gardé dans leur ligne de mire la permanence du parti au pouvoir, le Pds. Ils étaient déterminés à mettre le feu dans le bâtiment aux vitres teintées, sans succès. Les libéraux qui ont sans doute flairé le danger venir vers la maison Mamadou Lamine Badji, ont vite fait de sécuriser les lieux qui grouillaient d'éléments des forces de l'ordre. Il était 18 heures presque lorsque quelques véhicules stationnés sur le parvis ont été endommagés, tandis que les vitres ont été de loin atteintes par les jets de pierres, en réaction aux tirs de gaz lacrymogène. Acculés, les manifestants tout en rouspétant changent de stratégie et barrent la Voie de dégagement nord (Vdn) par de gros cailloux et des pneus calcinés. Aucun véhicule ne passera sur cet axe pendant une bonne demi-heure. Un moment, il y a eu d'intenses courses-poursuites entre forces de l'ordre et jeunes protestataires jusque dans les ruelles de Mermoz-Sacré-Coeur, soutenu par des raids aériens de pierres. Cependant, la seule alternative qui s'offrait à ces policiers déboussolés, était d'orienter les tirs dans les maisons où se réfugiaient quelques manifestants.

A quelque cinq cents mètres, à Sacré-Coeur III, près du terrain de football, le mercure monte chez les jeunes qui soutiennent n'avoir pas obtenu d'électricité dix-neuf heures durant. Les jeunes qui n'ont pas peur des cinq véhicules L 200 et un camion remplis d'éléments des forces anti-émeute passent à l'attaque par des jets de pierres fusant de partout dans le ciel assombri par la fumée de gaz lacrymogène des policiers qui ripostent. Ils cherchaient eux aussi à couper cette voie pour exprimer leur colère. C'était comme à la drôle de guerre où les belligérants se font face. Tantôt, ce sont les hommes en tenue qui se replient, tantôt ce sont les manifestants qui font machine-arrière dans les maisons ou dans les ruelles. Une scène identique aux Sicap Liberté 2, 3, 5 et 6 où les populations ont aussi manifesté leur 'Y en a marre' des coupures d'électricité. Des branches d'arbres déplacées au beau milieu des principaux axes routiers, des amas d'ordres déversés dans la rue, de gros cailloux jonchant l'Avenue Bourguiba plantent le décor. Tel un jeu de cache-cache, les manifestants tourneront en dérision les policiers dans les multiples couloirs de la Sicap jusque tard dans la soirée. Lassées, les forces de l'ordre appellent en renfort le véhicule anti-émeute pour arroser d'eau chaude les maisons qui servent de refuge aux jeunes. Sans succès. Les manifestants maîtrisaient bien les issues de secours pour échapper aux tirs de gaz lacrymogène.

Ailleurs à Dieuppeul et à Castor, c'était du pareil au même. Les jeunes ont aussi brûlé des pneus pour bloquer la circulation de part et d'autre. Pire, ils se sont mis à saccager les édifices publics partout où ils sont passés. Et ce, jusque tard dans la nuit.

LES POLICIERS FONT UNE VICTIME : Un garçon de douze ans éborgné par un éclat de tir.

Les manifestations d'hier contre les coupures intempestives d'électricité ont enregistré un blessé grave. Un jeune garçon de douze ans a été sévèrement touché à l'oeil par un éclat de tir de gaz lacrymogène à la station Total de Liberté VI, près du rond-point. L'enfant qui gisait dans une mare de sang a été évacué à l'hôpital général de Grand-Yoff, ex-Cto, aussitôt après l'incident qui s'est produit aux environs de 21 heures.

Abdoulaye Sidy

Wal Fadjri/28/06/2011


 

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